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Sabrina

Bienvenue.
Je m’appelle Sabrina, j’ai 18 ans et je suis en 1e année de licence économie et gestion. Je m’intéresse beaucoup à lamusique et l’écriture, j’aime créer des chansons. Je suis une jeune personne qui, comme toutes les autres, a des rêves, des choses à exprimer et c'est pour cela que je me sers de ce moyen de communication formidable qu’est l’Internet pour ouvrir cet espace où je ferai part de certaines idées au travers de petits essais sur des choses de notre vie.
A tous les visiteurs, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires, tout en évitant les attaques personnelles… Quant à ceux qui me connaissent, je préfère que vous me laissiez vos messages directement dans ma boîte mail, il sera ainsi un peu plus pratique pour moi de vous répondre, si vous le souhaitez bien entendu. Sinon, laissez-moi vos messages sous forme de commentaires.
Merci à tous pour votre visite !

Petites pensées

A bas les pubs sur les espaces perso, les utilisateurs n'ont rien demandé
October 15

Pardonnez-moi...

Cela fait maintenant plus d'un mois que je ne poste plus beaucoup de billets sur mon blog, la principale raison à cela étant mes études... Pour ceux qui me connaissent, j'ai changé de voie, j'ai quitté la filière MASS pour l'économie-gestion en raison d'un niveau trop élevé en maths, donc MEFIANCE à tous les bacheliers ES qui souhaiteraient s'engager dans cette filière à l'UT1!  

Gagner sa vie en la gagnant matériellement?

J’y ai pensé pendant une bonne partie de ma vie sans pouvoir l’expliquer. A l’heure où j’écris ces lignes je suis fatiguée, fatiguée d’essayer de comprendre mais j’ai là une irrésistible envie de formuler une ébauche d’explication à propos des raisons qui poussent certaines personnes (souvent des hommes) dont la situation est plus ou moins éloignée de la pauvreté à consacrer un temps démuré à leur travail ou emploi, quitte à ne voir le reste de leur famille que quelques semaines par an. Pour ces personnes la présence familiale semble être devenue une contrainte. Le travail apparaît même parfois comme un alibi dans le but d’éviter le contact avec les proches qui le deviennent de moins en moins. Mais pourquoi cette rupture, cette quasi absence de dialogue ? Les relations privilégiées deviennent celles du « boulot ». Bon nombre de conditions font que ces individus viennent à considérer la famille comme secondaire en comparaison avec l’épanouissement individuel et les gains matériels, leur propre réussite par rapport à celle du collègue ou du voisin. Or l’affaiblissement du lien familial est dans la majorité des cas une condition pour l’accomplissement de ces gains matériels, et le cercle se referme. Quand l’argent entre en scène, le silence règne.

 

Le travailleur gagne de l’argent par son travail. Ce n’est pas un scoop me direz-vous, mais à quoi sert cet argent en premier lieu dans notre monde : à vivre. Or ces moyens de subsistance sont éphémères, l’argent est vite dépensé et les produits d’utilisation courante vite consommés. Il s’agit alors de retourner travailler dès le lendemain pour acquérir de nouveaux biens de consommation et pouvoir tenter de garantir sa survie jusqu’à la prochaine journée de travail et ainsi de suite. L’individu travaille pour vivre, mais l’entrée dans un tel cercle d’obligations dans un but permanent de reconstitution des moyens de survie fait que l’inverse est également devenu vrai.

Cette question, bien que provocatrice, se pose d’elle-même : cette vie « programmée » et inintéressante vaut-elle la peine d’être vécue ? Je ne souhaite pas un suicide collectif mais ce glissement de l’individu vers un statut de bête de consommation cherchant légitimement par tous les moyens à améliorer sa situation par rapport à l’autre pour être le moins pauvre possible, à racheter le terrain du voisin, à s’éloigner le plus possible de la mort en écrasant autrui, n’est-il pas le signal inquiétant d’une pauvreté non pas matérielle mais que ce système a réussi à faire entrer dans les têtes ainsi que de la volonté d’un maintien dans l’ignorance de la population sur sa propre condition (ainsi que sur ses éventuelles autres conditions d’existence) , exercée non pas par des personnes isolées mais par certaines catégories dirigeantes qui trouvent dans cet acte leur entière satisfaction ?

September 17

L'eugénisme économique

L’eugénisme désigne une volonté d’épuration d’une population et donc d’élimination de certains éléments de ce groupe, quels que soient les critères est basée cette idéologie. Les peurs des « sociétés premières » envers les populations concernent surtout les différences d’un point de vue géographique, religieux, ethnique. Avec l’avènement du libéralisme est apparu l’eugénisme économique comportant une idée largement répandue visant à éliminer certains groupes, non pas directement physiquement mais en les mettant en marge de la société. Les individus touchés peuvent être les chômeurs de longue durée, les bénéficiaires d’allocations du type RMI, les personnes à faible revenu, peu ou pas qualifiées. Il existe dans un tel système économique basé sur les égoïsmes de chacun dans la confrontation de l’offre et de la demande, où la concurrence est reine, l’idée que ces personnes ne sont pas les bienvenues dans la société car elles ne représenteraient pas l’idéal de la réussite à la sauce libérale, seraient même un poids pour le système, et dans cette logique bon nombre de mécanismes dont les rouages s’imbriquent les uns dans les autres suggèrent et/ou provoquent leur mise à l’écart de la société, de l’activité au sein de celle-ci : exclusion par la difficulté d’accès à l’emploi et aux ressources économiques, quasi absence sinon caricature de ces individus dans les images diffusées par les grands médias.

     

       Ce rejet est exercé par tous les milieux y compris les plus défavorisés et ne date pas d’aujourd’hui, déjà en 1798 Thomas Malthus préconisait l’abolition de minimas sociaux destinés à subvenir aux besoins des plus pauvres, ces revenus les incitant à faire des enfants et ne faisant selon lui qu’accroître la pauvreté. Plus près de nous, en 1987, un auteur d’un journal régional du RPR proposait le raisonnement suivant : les gens vivant dans la misère n’ont pas réussi, et cela car ils ne disposaient pas des caractéristiques nécessaires à la réussite. Il s’agit donc d’éviter qu’ils ne transmettent leurs caractéristiques les empêchant de réussir à la génération future et pour cela, de diminuer les allocations familiales qui leurs sont attribuées pour les dissuader d’avoir des enfants et transférer ces revenus vers les riches qui eux ne procréent pas assez. Le darwinisme proposé par ces deux raisonnements, bien qu’il puisse faire sourire au premier abord peut entraîner de dangereuses réactions dans l’opinion, entre autres la négligence de tout l’aspect sociologique des raisons de la pauvreté de ces personnes puis surtout l’adoption sournoise de l’idée que les facteurs de la pauvreté ou de la richesse se transmettraient comme un critère ancré en certains dès la naissance au même titre que la couleur de la peau ou des cheveux, seraient tout bonnement héréditaires et que leurs « porteurs » seraient supprimables par des moyens simples avec le but sous entendu d’épurer l’espèce pour l’intérêt général! Les propositions visant à restreindre la qualité des conditions de vie des plus pauvres et à rendre invisibles ces personnes, tant par leur présence physique dans les lieux de vie que dans le paysage social sont toujours d’actualité, notamment avec la grogne récente de maires d’un grand parti de droite adressée à une organisation humanitaire qui avait l’intention de distribuer des minis tentes aux sans-abri dans des communes de la région parisienne.

September 09

La parole

    Le silence est d’or, dit-on. Mais à ne vivre que dans l’or on en perd parfois le sens des réalités, et cela peut amener à ce désir insatiable du « toujours plus », jusqu’à ce que l’on se rende compte que ce désir est infini et que celui-ci nous conduit à l’autodestruction. Je ne pense pas qu’il faille parler absolument en toutes occasions, car la simple parole non maîtrisée entraîne inéluctablement le silence forcé d’autrui. Ce que nous devons absolument remettre au centre de l’attention est la discussion. La discussion autour de toutes sortes d’idées, sans que personne ne ressente la nécessité d’avoir raison à tout prix et d’écraser l’autre sous un flot d’autorité, de se montrer supérieur à lui. Nous sommes tous des êtres humains qui avons tous eu plus ou moins de possibilités que nous devons prendre en compte pour évoluer ensemble et atténuer ces inégalités face à la culture.

    Chacun a son mot à dire. Cette petite phrase bien que paraissant plus qu’usagée comporte malgré tout du sens, en allant plus loin nous pourrions dire que tous les messages ne doivent pas forcément être entendus par tous mais que ceux qui nous parviennent doivent être écoutés, et cela non pas pour naïvement prendre les paroles de chacun à la lettre mais pour tenter de déterminer pourquoi ces paroles existent, ont pu être prononcées.

Une amie me disait l’autre jour : « Hier à la télé ils ont encore montré quelqu’un qui savait pas parler ! ». Ceci est un parfait exemple de l’intériorisation de l’eugénisme légitimé par les grands de notre système, qui exercent cette violence symbolique même chez les moins favorisés, eux-mêmes tenant parfois ce discours. Nous devons abattre les idées préconçues, et à propos de cet exemple, qui est celui qui sait le moins bien dialoguer ? Ici le « puissant » refuse l’écoute. Or la discussion est largement supérieure à la simple parole, le fait de ne pas savoir écouter donc discuter est bien plus préoccupant que de ne pas parvenir à manier correctement le vocabulaire valorisé par les catégories dominantes. Celui qui refuse l’écoute, la main non agressive tendue vers soi, va jusqu’à vouloir effacer symboliquement ou réellement l’existence de l’autre n’a pas appris à discuter, à ne pas tricher dans le jeu de la vie sociale. Mais puisque cette « tricherie » est elle aussi légitimée…

    Au delà du vocabulaire efforçons-nous de comprendre tous les messages qui nous parviennent et le pourquoi de leur existence, et d’autant plus s’ils viennent « d’en bas », s’ils peuvent paraître pour certains difficiles à comprendre et à écouter. Car le vrai danger à long terme vient du fait de n’écouter que ce qui nous fait plaisir, nous flatte, ce que nous avons envie d’entendre, pour finalement devenir en quelque sorte accro à ces discours pleins de miel, paralyser notre évolution intellectuelle ainsi que notre esprit critique, puis inconsciemment refuser de voir les réalités et dérives du monde actuel.

September 02

Inné et acquis

De nombreux sociologues ont montré l’importante influence de l’origine sociale d’un individu dans la réussite scolaire puis professionnelle. Pourtant, bon nombre de libéraux, de « non définis » politiquement (donc libéraux !) croient ou veulent bien faire croire encore et toujours dans leur intérêt et leur auto valorisation que « de toute façon, si tu bosses, t’auras tout ce que tu veux dans ta vie (argent, reconnaissance…). Comment on a fait nous ? » La première chose qui vient à l’esprit est que non seulement cette affirmation est inexacte, mais que d’une manière générale sa réciproque, « ta richesse est fonction de ta bravoure au travail », l’est aussi ! Nous jouons tous ou presque à un même jeu et non des moindres puisque notre existence en dépend, dans lequel les règles sont différentes pour chacun. En vérité il n’y a pas de règle à proprement parler ni de case départ commune, pourtant le but ultime est le même...

Le point de départ correspond à l’héritage socioculturel, économique de l’enfant. Certains arrivent au monde déjà « placés » dans la société avec une sécurité matérielle et dans leurs relations, tandis que d’autres naissent avec une entrave. Cette entrave dans le monde tel qu’il est peut être le manque de ressources matérielles, l’origine ethnique, la situation géographique, dans la famille l’existence plus ou moins marquée d’une culture et de valeurs ne favorisant pas l’ascension sociale, pouvant même constituer un obstacle à celle-ci. Ces différentes situations sont très souvent étroitement liées et l’on assiste dans de nombreux cas au « cumul des handicaps ».

Dans une société soi-disant basée sur l’égalité des chances, quand un élève brillant issu d’une classe populaire a plus de raisons de s’inquiéter pour son avenir qu’un élève médiocre venant d’un milieu bourgeois, il y a de quoi s’interroger sur la pertinence de ce principe.

Ceci n’est pas faire de l’angélisme mais tenter de démontrer des faits qui dérangent beaucoup de personnes, qui préfèrent adopter l’attitude du déni plutôt que de remettre en question leur mérite et les raisons de leur tranquillité. J’en entend déjà dire « mais il faut aussi le vouloir !.. », or en plus de pouvoir aisément montrer que la simple volonté est loin de suffire dans la jungle d’un tel système économique il est impossible d’admettre que le fait de ne pas avoir cette « volonté » dans l’école et la vie professionnelle ne soit pas en lui-même lié à cet héritage cité précédemment sans faire naïvement preuve d’une tentative de hiérarchisation des êtres humains, de racisme voire d’eugénisme.

Que ceux qui proposent cette objection se posent sérieusement la question de savoir d’où vient cette volonté. Mais elle ne s’apprend pas, diront certains. J’en déduis qu’ils la pensent innée. Or des études sur la nature de l’être humain montrent que l’Homme est à l’origine totalement dépourvu de culture, de conscience. C’est la culture qui fait l’Homme, qu’il intériorise au contact d’autrui, d’une société. Cette fameuse « volonté » que chérissent tant les libéraux est donc également acquise et non innée ! Tout être humain devient ce qui a fait qu’il devienne.

Que ceux qui se contentent et s’enlisent dans l’illusion de leur responsabilité individuelle envers eux-mêmes se rendent compte de leur responsabilité dans le collectif envers le collectif lui-même.

August 22

Compte à rebours

Il existe dans la génération à laquelle j’appartiens une véritable crainte vis-à-vis de l’avenir, du temps qui passe. Celui-ci semble aller trop vite et finalement briser en mille morceaux notre illusion d’une jeunesse partie pour durer. Les gens, la société, nous voient comme des adultes de plus en plus tôt. « La vie me fait peur », « je ne veux pas grandir, pas partir de chez moi », « le lycée devrait durer quatre ans » sont des phrases que j’entends régulièrement. Et qu’y a-t-il au bout du chemin ? Peut-être une existence tranquille. Peut-être une vie difficile. Peut-être un monde où moi, jeune, ne serai pas considéré comme une personne à part entière mais comme l’élément d’une immense machinerie que je ne contrôle pas, pris et jeté selon les besoins d’un système dépassant toute dimension humaine, face à ce qui ressemble à une fatalité devant laquelle je ne peux pas grand chose individuellement. La sérénité qu’avaient à notre âge les gens plus âgés et dont ils nous font part nous apparaît parfois comme une forme d’inconscience et d’ironie. La vie va pour beaucoup trop vite, trop fort, impitoyablement ; ces ressentis différant évidemment sensiblement selon les milieux d’origine.

Mépris venant de la plupart de nos représentants, attente avec l’impression d’une menace invisible, manque d’espoir, peur du temps qui se barre, un malaise couve et éclatera peut-être malgré la peur de s’engager et de troubler ce semblant d’ordre, si la situation ne change pas et continue sur cette pente dangereuse.

Malaise face à l'école

Alors que certains pays du globe ont un taux de scolarisation inférieur à 40%, nous, enfants et jeunes de France, avons ou avons eu la chance de pouvoir et en théorie devoir aller à l’école. Pourtant, tout le monde ne considère pas cela comme étant une chance. Contre toute attente venant d'en haut, les avis divergent, certaines jeunes estiment que le système scolaire, bien qu’imparfait, va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles tandis que d’autres considèrent l’école comme un fardeau, quelque chose de négatif dans leur vie. Nous assistons à une véritable remise en question du but supposé de l’école, l’élévation sociale, pourtant désirée par la majorité des individus. Même si celle-ci continue à avoir la capacité de jouer ce rôle son système présente de sérieuses failles, ne serait-ce que par le fait que certains jeunes viennent à ne plus croire en elle et à la rejeter.

Les domaines qui peuvent attirer ne sont pas toujours socialement valorisés, ceux qui le sont peuvent paraître tout simplement inaccessibles et sembler provenir d’un autre monde au regard de certains élèves. Textes philosophiques mal déchiffrés paraissant complètement hors de la réalité concrète, théorèmes de maths quasi inutiles pour la plupart d’entre nous et présentés d’une façon incompréhensible, couche de vocabulaire anglais appliquée sur des énormes lacunes en français, entre autres, paraissent alors dans certains milieux plus que secondaires face à l’immédiate nécessité de faire rentrer de l’argent pour couvrir les besoins quotidiens.

L’utopie d’une égalité face à l’école affirmée et contredite chaque jour, les filières de relégation se dressant devant des élèves le plus souvent issus des mêmes milieux tel un destin quasi bloqué ne font qu’aggraver les tensions déjà présentes en dehors de l’école.

Quant aux élèves moyennement favorisés, leur milieu social et/ou leurs parcours scolaire leur offrant un peu plus d’espérances pour l’avenir, ils sont dans l’attente, au milieu d’un manque d’espoir de plus en plus palpable. Le plus alarmant est qu’il ait fallu attendre que ce malaise se propage des jeunes des « quartiers sensibles » jusqu’à ceux issus de milieux moins défavorisés pour que l’opinion y accorde un soupçon d’importance, comme le fait qu’il semble que la crise du CPE ait été nécessaire pour que celle des banlieues soit moins considérée comme étant absurde et commence à susciter l’intérêt et des interrogations. Il existe une réelle incertitude qui semble gagner du terrain dans les esprits, d’autant plus si celle-ci est légitimée par les gouvernements et va même jusqu’à être présentée comme un bonus pour l’intérêt général et individuel.

Le temps

Ressenti par un être humain, le temps passé et à venir déterminent aussi bien les conditions de déroulement du présent que celles de l’avenir. Chez la plupart des animaux, le temps n’est rien de plus qu’une durée comprenant la vie, l’expression des instincts le renouvellement des populations puis la mort ; comme si entre chaque instant Tn et Tn+1 très rapprochés toute la mémoire et les ressentis étaient remis à zéro, et seule la courte durée comprise entre l’instant présent Tn et Tn-1 avait une incidence sur les comportements de l’animal pendant ce laps de temps. Ce qui ressemble à l’Histoire de ces animaux est sitôt écrit, sitôt effacé, donc ils n’ont pas d’Histoire car pas la conscience de celle-ci. L’Histoire existe à partir de la conscience de l’influence du temps sur le temps lui-même, soi-même et les autres. Pour l’animal il n’y a pas d’influence du passé sur l’avenir car pas de passé, pas d’interprétation de celui-ci pour la même raison, pas de prédiction pour l’avenir. Seuls des signaux peuvent s’inscrire en sa mémoire, dont chacun recevra de la part de l’animal une réponse, une réaction bien spécifique et quasi similaire au fil du temps (apprentissage suite au dressage, peurs…). Il ne tire ni joie ni peine venant du déroulement du temps, pas d’Histoire signifie absence de passion.

 

L’humain doit vivre avec son passé et le passé des autres. Ou plutôt, avec le regard qu’il porte dessus. Le passé comme son nom l’indique, n’existe plus, il est subjectif, une réalité transformée avec le temps et par notre inconscient formé lui-même avec les évènements passés. Passé, présent, futur, chacun de ces repères temporels est utilisé dans l’interprétation des deux autres. Interprétation qui se fait bien souvent dans le sens de notre volonté profonde : récit du passé comme on aimerait qu’il ait eu lieu, réinterprétation du passé en imaginant le futur…

Le poids de l’Histoire peut provoquer en l’Homme un sentiment d’achèvement de lui-même et d’impuissance face aux évènements de l’Histoire qui se déroule devant lui, auxquels il participe pourtant de par son statut d’être humain et d’acteur de la vie sociale. L’individu se place alors en spectateur du déroulement de l’Histoire qui semble s’écrire d’elle-même et le confie alors aux différentes autorités (état, armée, science, économie…) qui gagnent ainsi un pouvoir considérable. Une trop grande importance donnée à l’Histoire la fait paraître lointaine et distincte de l’Homme, pour celui ou celle qui ne détient pas le pouvoir, et peut donner la capacité aux organisations dirigeantes de rehausser leur suprématie puis de faire ou faire faire à l’humanité littéralement n’importe quoi.

July 28

Dans quel but acheter des marques et les afficher

Eviter la prise de risques

 Les marques affichent tout d’abord une image de sérieux, de rigueur, de qualité, ce qui selon certains justifierait le prix exorbitant de certains articles dits « de marque ». Et c’est cette image que ces entreprises souhaitent faire entrer dans l’opinion, affirmant cela comme une évidence (plus que discutable), faisant que les acheteurs intègrent l’idée que la marque signifie qualité, durabilité, sécurité et transmettent ce point de vue aux consommateurs réticents. Les consommateurs adeptes d’une ou plusieurs marques servent alors de support de publicité pour la marque, tant par la diffusion de l’idéologie des marques que par l’affichage quasi systématique du logo de la firme sur les produits, que ces consommateurs portent souvent fièrement. Une grande partie de l’intérêt pour les grandes marques résidant dans la visibilité du logo et l’impression faite par l’emballage.

 

Marques=facteurs d’intégration ?

 Les marques structurent des groupes et tente de les fidéliser en les représentant et se plaçant comme vecteur de leur identité au sein de la société. Acheter une marque c’est appartenir à un groupe et en quelque sorte manifester cette conscience, l’afficher. Ce qui peut apparaître comme une bouffée d’air frais au milieu d’une société hyper individualiste…

Dans un monde marchandisé, beaucoup d’individus ont intériorisé l’idée que désormais, même l’intégration peut s’acheter. Les marques peuvent plus ou moins représenter une classe sociale, un genre musical, un sport précis… et les jeunes sont les plus touchés par cette quête de repères, de leur identité. Bien que l’apparence des logos soit un moyen évident de camouflage de la pauvreté, parmi les plus jeunes plus rares sont ceux qui affichent une marque dans le but de montrer une richesse matérielle réelle ou non. Certains prétendent acheter des marques pour la qualité de ces produits, mais faites l’expérience de leur demander de masquer leurs logos, ils refuseront pour une grande majorité. Soit le logo est lui-même d’une qualité exceptionnelle, soit des raisons plus existentielles viennent justifier la présence de ces individus « marqués » dans la société.

Adopter « sa » marque, son logo, est également un moyen de protection. Combien de fois me suis-je surprise, alors que j’étais plus jeune, à acheter certaines marques dans le but indirect d’afficher mon appartenance à un groupe et donc de me faire en quelque sorte des alliés pour que certaines personnes arrêtent de m’embêter ! Et cela fonctionnait. En groupe on est plus fort, surtout quand on est jeune, et montrer que l’on est pas une « paumée », toute seule, permet d’éviter des embrouilles. D’où certainement la valorisation à l’extrême des marques dans certains milieux sociaux défavorisés, où le lien social classique est fragilisé (famille, école, emploi…) et où ces marques constituent un réel facteur d’intégration.

 

Des marchands de rêve

Comme l’a montré Max Weber, sociologue, l’intellectualisation et la rationalisation du monde  produit une société désenchantée. Les grandes firmes utilisent alors une manière rationalisée de répondre à ce besoin d’enchantement, à ce problème de sens dans la vie moderne. Un enchantement rationalisé, un oxymore ? Evidemment, mais les consommateurs ne s’en rendent pas forcément compte, surtout au moment de la fièvre procurée par l’acquisition d’un nouveau bien. Ils n’achètent pas seulement un produit pour ses qualités comme ils le prétendent bien souvent, contrairement à autrefois où la réclame vantait le produit et uniquement le produit. L’invasion des esprits est telle que la plupart des gens n’y font même plus attention et/ou voient dans les marques un remède aux maux de leur vie dépassant normalement la dimension matérielle, preuve que celles-ci vendent et diffusent autre chose que des biens matériels. De nos jours les grandes firmes sont des marchands de rêve : on achète moins par utilité que pour combler un manque de ce sentiment d’élévation au dessus de la réalité. Cela a certainement un rapport avec cette complexification du monde, l’affaiblissement des pratiques religieuses et du lien familial dans certains pays. Par les marques on achète l’image, l’illusion de liberté, de sécurité, la bonne conscience (je fais travailler des gens…), l’appartenance à un groupe. Avec les marques dans un tel monde rationalisé où la technique et la science dominent, tout paraît soudainement plus simple, accessible, là où le bonheur ne l’est pas.

 

Une entreprise totalitaire ?

A priori non, puisque les marques n’utilisent pas de moyens clairement autoritaires pour coloniser les esprits des gens. Mais cette pénétration dans les têtes est bien là, et elle existe dans la mesure où chacun, du PDG à l’acheteur en passant par les salariés de ces firmes pensent trouver un intérêt à cette mondialisation, à tort ou à raison. Le consommateur, occidental la plupart du temps, est fier d’afficher son logo pour diverses raisons, et les firmes en question sont ravies de voir ces hommes sandwich évoluer dans tous les lieux ou presque de la vie quotidienne, diffusant la marque et payant volontiers pour jouer ce rôle ! En plus d’envahir tous les supports et lieux possibles et imaginables, la publicité pour ces grandes marques s’est même offert le luxe de se faire payer pour envahir de nouveaux supports publicitaires qui eux rapportent de l’argent, les humains mêmes. Cette légitimation d’une domination écrasante exercée sur les individus de tous les pays ou presque qu’ils soient producteurs et/ou acheteurs, la diffusion de cette idéologie par des moyens destructeurs à plus ou moins long terme des patrimoines environnementaux, intellectuels et culturels, le placement croissant des grandes marques en tant que pourvoyeuses d’un secours permettant de mieux affronter les tracas de la vie moderne font que celles-ci peuvent s’apparenter à des sortes de chefs spirituels se donnant tous les moyens pour s’imposer, quitte à détruire les fragiles ressources dont nous disposons, rallier le plus grand nombre à leur idéologie en répondant d’une façon aberrante et affreusement intéressée à la solitude, au besoin de rêve et à la pauvreté de certains êtres humains grâce à une organisation parfaitement maîtrisée faisant rentrer dans les cerveaux des raisonnements défiant toute logique surfant sur la vague de l’exploitation économique et de la force des symboles au nom du libéralisme, sonnant ici d’une façon démesurée comme le mot « liberté ».

 
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